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METHODOLOGIE

Comme l’enquête de 1992, il s’agit d’une enquête téléphonique, le téléphone étant un moyen de collecte bien adapté à un thème comme la sexualité. Elle a été menée auprès d’un échantillon aléatoire de la population âgée de 18 à 69 ans. Au total, 12 364 individus ont été interrogés.

Le dispositif

Deux enquêtes pilotes ont été préalablement réalisées en novembre –décembre 2004 et en juin 2005 afin de tester le questionnaire, la formulation des questions, leur enchaînement et la durée.

Une lettre-avis de l’Inserm, annonçant qu’une personne du foyer serait sélectionnée et interrogée a été envoyée quelques jours avant l’enquête (>>Respect des droits individuels- Anonymat).

Sélection des individus

La sélection de l’individu repose sur un sondage aléatoire en deux phases avec une post-stratification sur l’âge.

Une procédure de tirage complexe a permis de constituer un échantillon de coordonnées téléphoniques couvrant les abonnés inscrits sur liste blanche et sur liste rouge. De plus, pour assurer au maximum la représentativité de l’échantillon total, les personnes qui ne disposaient que de téléphones mobiles ont également été incluses dans l’échantillon.

Une fois le ménage joint, la deuxième phase consistait à sélectionner, selon la méthode anniversaire[1], l’individu à interroger au moment du contact téléphonique parmi l’ensemble des adultes éligibles de 18 à 69 ans habitant ce domicile.

Par ailleurs, afin de pouvoir étudier avec plus de précision les comportements de la population la plus exposée ou concernée par les risques sanitaires liés à la sexualité (VIH, IST, grossesses non prévues), ainsi que les conditions d’entrée dans la sexualité, les adultes âgés de moins de 40 ans ont été sur-représentés.

La formation des enquêteurs

Les entretiens ont été réalisés par 61 enquêteurs (29 femmes et 32 hommes) de l’institut de sondage IPSOS. Ces enquêteurs étaient encadrés par 5 responsables de terrain.

Répartis en trois groupes, les enquêteurs ont tous bénéficié, à un mois d’intervalle, d’une formation de deux jours minimum assurée par l’équipe de recherche.

Cette formation avait pour objectif de leur présenter le contexte, les objectifs et la méthodologie de l’enquête, de les informer sur le sida et les infections sexuellement transmissibles, et enfin de les familiariser avec le questionnaire. Ils se sont ainsi appropriés le questionnaire en simulant, au moyen de jeux de rôles, des situations plus ou moins complexes. Des réunions avec les enquêteurs et les chercheurs ont été régulièrement organisées pour faire le point sur le déroulement de l’enquête.

La collecte des données

Le recueil des données a démarré le 27 septembre 2005 et s’est terminé le 24 mars 2006. Pendant toute cette période, des chercheurs de l’équipe ont été présents quotidiennement, à tour de rôle, au sein de l’institut de sondage, afin non seulement de suivre le travail des enquêteurs, mais également de les aider en cas de problème au moment de l’entretien.

Un bilan positif

Le bilan actuel de l’enquête CSF est très positif, du fait du fort taux de participation à l’enquête (74,6%), du faible taux d’abandon en cours d’enquête (3,6%) , du taux élevé de satisfaction des enquêtés (90% d’entre eux se sont déclarés intéressés par l’enquête) et de la fiabilité des réponses.

La fiabilité des réponses est un enjeu central dans toutes les enquêtes scientifiques, en particulier lorsqu’il s’agit de sujets sensibles. L’enquête CSF est la troisième grande recherche nationale qui aborde la sexualité. Aussi elle s’appuie sur les enseignements méthodologiques des recherches antérieures et de celles menées à l’étranger sur le même sujet.

Nombre de précautions ont ainsi été prises pour permettre d’obtenir des réponses fiables, c’est-à-dire des réponses qui reflètent les pratiques et opinions des personnes interrogées et non celles qu’elles pensent socialement valorisantes :

      d’un point de vue juridique et éthique, l’anonymat d’une enquête est obligatoire, mais c’est aussi une condition fondamentale pour que les personnes se sentent véritablement en confiance.

      la lettre-annonce de l'Inserm indiquait qu’il s’agissait d’une recherche scientifique ayant pour objectif d’aider à mieux définir la prévention. Nombre de personnes sollicitées ont ainsi accepté de contribuer à une entreprise qu’elles percevaient comme utile et compris l’enjeu de donner des réponses précises.

      les enquêteurs ont tous été formés aux enjeux scientifiques et éthiques de cette recherche par les chercheurs de l’équipe eux-mêmes (>> la formation des enquêteurs).

       il était demandé à la personne interrogée de bien vouloir s’isoler pour répondre à l’enquête et aucune réponse ne pouvait être interprétable par une tierce personne éventuellement présente au moment de l’entretien (exemple de réponse: d’accord /...pas du tout d’accord, oui/non/ je ne sais pas, 0/1/2/3 ou plus, etc.).

Les analyses menées a posteriori attestent d’une grande cohérence des réponses, pour un même individu tout au long du questionnaire, et au regard des résultats obtenus dans d’autres enquêtes en France et à l’étranger. Enfin, les réponses apportées ne sont pas liées aux caractéristiques des enquêteurs.

 

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[1] La méthode anniversaire consiste à sélectionner l'individu dont l'anniversaire est le prochain à venir.
   
   
    Institut national de la santé et de la recherche médicale
Institut national d'études démographiques
Agence de recherche sur le sida et les hépatites virales